Prévention des risques professionnels

Travail à la chaleur : anticiper plutôt que subir

logo_iphone

MIST Normandie · équipe pluridisciplinaire

7 septembre 2026 · 5 min de lecture
Télécharger le mémo (PDF · 927 Ko)
Partager
LinkedIn E-mail

Chaque été, les épisodes de fortes chaleurs rappellent l’importance d’adapter les conditions de travail. Avec le changement climatique, ces situations deviennent plus fréquentes et plus intenses, touchant de nombreux secteurs : BTP, industrie, logistique, agriculture, mais aussi travail en bureau ou en environnement peu ventilé.

Les effets sur la santé

Le travail par forte chaleur peut provoquer, par ordre de gravité croissante :

  • faiblesse, fatigue, déshydratation ;
  • étourdissements, vertiges ;
  • nausées, vomissements, maux de tête, crampes ;
  • diminution de la vigilance, et donc augmentation du risque d’accident du travail ;
  • propos incohérents, perte d’équilibre, perte de connaissance ;
  • épuisement dû à la chaleur : élévation de la température interne pouvant entraîner divers symptômes, dont des évanouissements ;
  • coup de chaleur : élévation importante de la température interne accompagnée d’une disparition de la sudation, pouvant causer des dommages irréversibles, voire mortels.

Ces effets sont amplifiés lorsque l’activité est physique, prolongée ou réalisée en extérieur. La disparition de la sudation est le signe qui doit déclencher l’alerte immédiate : elle marque le basculement vers l’urgence vitale.

Ce que dit la réglementation

Aucune disposition législative ou réglementaire n’impose une température maximale au-dessus de laquelle il serait dangereux ou interdit de travailler. Pour autant, l’employeur a l’obligation de veiller à la santé et à la sécurité de ses travailleurs, et depuis 2025 ses obligations en matière de prévention du risque chaleur ont été renforcées.

Selon l’INRS, une vigilance doit être apportée à partir de :

Trois points complètent ce cadre :

  • Jeunes travailleurs : ils ne doivent pas être affectés à des températures extrêmes susceptibles de nuire à leur santé (article D. 4153-36 du Code du travail).
  • Droit de retrait : le salarié peut quitter son poste s’il estime que la situation présente un danger grave et imminent pour sa santé (article L. 4131-1).
  • Compte professionnel de prévention : le travail à la chaleur est considéré comme pouvant « laisser des traces durables identifiables et irréversibles sur la santé » à partir d’une exposition de 900 heures par an à partir de 30 °C. Passé ce seuil, la déclaration est à faire sur le compte C2P des salariés concernés.

Une évaluation à inscrire au DUERP

L’évaluation des risques et le DUERP doivent intégrer les risques liés aux ambiances thermiques (article R. 4121-1 du Code du travail).

Trois séries de facteurs entrent dans cette évaluation :

  • l’environnement de travail : température, humidité, flux d’air, rayonnement solaire, proximité de sources de chaleur ;
  • la nature de l’activité : déplacements, manutentions, tenue de travail, organisation du travail ;
  • la santé des salariés : âge, pathologies cardiovasculaires, diabète, grossesse, hygiène de vie.

Cette intégration permet de formaliser l’exposition, d’analyser les situations concernées, de définir des mesures adaptées, de suivre et actualiser les actions, et d’inscrire la prévention dans une démarche durable. La prévention du risque chaleur ne peut donc pas se limiter à des mesures ponctuelles en période de canicule : elle doit être anticipée et structurée.

Les moyens de prévention

Au-delà de l’évaluation, plusieurs leviers se combinent.

Adapter l’organisation du travail : temps de pause, modification des horaires, adaptation des tâches, rotations, recours facilité au télétravail.

Agir sur l’environnement : limiter les sources de chaleur inutiles (machines, outils), isoler thermiquement les locaux, assurer un renouvellement de l’air suffisant, prévoir un local de repos adapté ou des aires de repos ombragées.

Protéger les personnes : mettre à disposition de l’eau potable fraîche gratuitement, adapter la tenue tout en se protégeant du soleil (se couvrir la tête, éviter les vêtements noirs, privilégier les tissus respirants), éviter le travail isolé, et informer les salariés des bonnes pratiques.

Anticiper à la conception : volets ou stores extérieurs, isolation, orientation du bâtiment, végétalisation. C’est le moment où les décisions coûtent le moins cher et produisent le plus d’effet.

Conduite à tenir

En cas de malaise lié à la chaleur :

  1. alerter les secours : 15, 18 ou 112 ;
  2. déplacer la victime dans un endroit frais ;
  3. enlever le plus de vêtements possible, y compris pantalon et chaussures ;
  4. faire boire une boisson désaltérante ;
  5. mouiller la peau, la tête, le visage, le cou, les aisselles et l’aine.

MIST Normandie accompagne les entreprises sur ce risque : aide à l’élaboration ou à la mise à jour du DUERP, évaluation des situations de travail exposées, conseil sur les mesures adaptées, accompagnement des démarches d’aménagement des postes, sensibilisation des salariés et des encadrants.

À retenir

  • Aucune température maximale n’est fixée par la réglementation, mais l’INRS place la vigilance à 28 °C en activité physique et 30 °C en activité sédentaire.
  • Le risque lié aux ambiances thermiques doit figurer au DUERP (article R. 4121-1).
  • 900 heures par an au-delà de 30 °C ouvrent une déclaration au compte C2P.
  • Disparition de la sudation = urgence vitale : alerter, rafraîchir, mouiller la peau.

Vous préparez la prochaine période de fortes chaleurs ? Anticipez dès maintenant avec nos préventeurs : découvrez la page Prévention en entreprise.

Une question ? Votre équipe MIST vous répond

Médecins, infirmiers, ergonomes, psychologues, assistantes sociales : une équipe pluridisciplinaire près de chez vous, sur le Calvados et l’Orne.

Newsletter

Recevez l'essentiel de la santé au travail

Une fois par mois : nos nouveaux articles, les obligations à anticiper et les prochains webinaires. Pas de spam, désinscription en 1 clic.

* Les champs suivis d’un astérisque sont obligatoires ; les autres sont facultatifs.

Vos coordonnées servent uniquement à l'envoi de la newsletter. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment grâce au lien présent dans chaque e-mail. Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : politique de confidentialité.