Entre l’embauche et le départ à la retraite, un salarié peut être reçu à sept occasions différentes par son service de santé au travail. Chacune a son déclencheur, son délai et son demandeur — et c’est souvent là que naissent les oublis.
À l’embauche, puis périodiquement
Le type de visite et sa fréquence dépendent du régime de suivi attribué au salarié.
- Suivi Individuel Simple (SIS) : visite d’information et de prévention initiale à l’embauche, puis visite périodique au maximum tous les 5 ans.
- Suivi Individuel Adapté (SIA) : visite d’information et de prévention initiale, puis visite périodique au maximum tous les 3 ans.
- Suivi Individuel Renforcé (SIR) : examen médical d’aptitude d’embauche, puis visite périodique au maximum tous les 2 ans.
À cela s’ajoute une possibilité souvent ignorée des salariés : la visite occasionnelle à la demande. Le salarié peut demander directement à son service une visite médicale, sans passer par son employeur et sans avoir à en justifier le motif.
Deux rendez-vous qui jalonnent la carrière
La visite de mi-carrière concerne tout salarié dans l’année de ses 45 ans. Elle intervient dans l’année civile des 45 ans, ou à l’échéance prévue par un accord de branche, ou encore couplée à une visite du suivi périodique dans les deux ans précédant les 45 ans. Elle est demandée par l’employeur.
Ses objectifs : établir un état des lieux de l’adéquation du poste avec la santé du salarié, évaluer les risques de désinsertion professionnelle, et sensibiliser aux enjeux du vieillissement au travail.
La visite post-exposition s’adresse à tout salarié déclaré en SIR ayant été exposé à certains risques professionnels. Elle a lieu lorsque cesse l’exposition et jusqu’à 6 mois après cette cessation ; en cas de départ ou de mise à la retraite, elle se situe dans le mois précédant la fin de l’exposition et jusqu’à 6 mois après le départ. Elle est demandée par l’employeur, ou à défaut par le salarié.
Son objet est de mettre en place, si nécessaire, une surveillance post-exposition ou post-professionnelle. C’est la visite la plus fréquemment omise, précisément parce qu’elle intervient au moment où le lien avec l’entreprise se défait.
Pendant et après un arrêt de travail
Trois dispositifs s’articulent, dont deux facultatifs.
Le rendez-vous de liaison est facultatif et non médical. Il se propose pour tout arrêt d’au moins 30 jours, à l’initiative de l’employeur — avec l’accord du salarié — ou du salarié lui-même. Objectif : préparer le retour en informant sur les dispositifs mobilisables. Le salarié peut refuser de s’y rendre.
La visite de pré-reprise est également facultative. Elle concerne tout arrêt d’au moins 30 jours et se déroule au cours de l’arrêt. Elle peut être demandée par le salarié, le médecin traitant, le médecin conseil de l’Assurance Maladie ou le médecin du travail.
La visite de reprise est obligatoire. Elle est réalisée par le médecin du travail dans les 8 jours suivant la reprise du travail, à l’initiative de l’employeur. Elle s’impose après :
- un congé de maternité ou une maladie professionnelle ;
- un accident du travail avec un arrêt d’au moins 30 jours ;
- un accident ou une maladie d’origine non professionnelle avec un arrêt d’au moins 60 jours.
Elle permet de vérifier la compatibilité entre le poste à reprendre et l’état de santé du travailleur.
Notez la différence de déclencheur : la pré-reprise peut être demandée par le salarié seul, la visite de reprise relève de l’employeur.
Habilitations électriques et conduite d’engins : ce qui a changé
Le décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 a modifié le suivi des salariés titulaires d’une autorisation de conduite (type CACES) ou d’une habilitation électrique. Depuis le 1er octobre 2025, ces postes ne sont plus considérés comme « à risques particuliers » : le suivi individuel renforcé est supprimé pour ces situations, et les salariés relèvent désormais du Suivi Individuel Simple, avec une visite périodique tous les 5 ans au lieu de tous les 2 ans.
Il est remplacé par une attestation médicale délivrée exclusivement par le médecin du travail — et non par l’infirmier en santé au travail — précisant qu’aucune contre-indication n’empêche le salarié de réaliser ses missions. Elle est valable 5 ans, doit être conservée par l’employeur dans le dossier du salarié, et n’a pas à être présentée sur site.
Certaines habilitations électriques ne nécessitent pas cette attestation : les consignations, les essais, mesurages, vérifications et manœuvres, ainsi que les opérations sur les installations photovoltaïques. Le statut SIR reste applicable si d’autres fonctions du salarié l’exposent à des risques particuliers.
Chez MIST Normandie, la modification du suivi se fait au moment de votre déclaration des effectifs : cochez alors les cases correspondant aux habilitations électriques et autorisations de conduite de chacun.
À retenir
- La périodicité dépend du régime : 5 ans en SIS, 3 ans en SIA, 2 ans en SIR.
- Le salarié peut demander une visite directement à son service, sans passer par son employeur.
- La visite de reprise est obligatoire dans les 8 jours, à l’initiative de l’employeur ; les seuils sont de 30 jours après un accident du travail et 60 jours pour un arrêt d’origine non professionnelle.
- Depuis le 1er octobre 2025, les titulaires d’une habilitation électrique ou d’une autorisation de conduite relèvent du SIS, avec une attestation médicale valable 5 ans.
Vous vous interrogez sur le régime de suivi applicable à vos salariés ? Retrouvez le détail sur la page Suivi de santé ou contactez votre équipe MIST Normandie.
Documents à télécharger
- Mémo — Suivi individuel de santé : quelles visites, et quand ?PDF · 202 Ko
- Mémo Tout au long de ma vie professionnelle à quels rendez-vous ou visites médicales puis-je prétendre ? (salarié)PDF · 171 Ko
- Mémo Mon salarié est en arrêt de travail, à quels rendez-vous ou visits médicales peut-il prétendre ? (Employeur)PDF · 175 Ko