Bras levés, station debout prolongée, contact répété avec des produits cosmétiques : le métier de coiffeur cumule des contraintes qui s’installent lentement. Le respect de quelques bonnes pratiques permet de réduire nettement les risques d’atteinte à la santé.
Prévenir les troubles musculosquelettiques
Les TMS sont des affections se manifestant par des douleurs ou des gênes lors des mouvements des doigts, des poignets, des coudes, des épaules ou du dos. Ils constituent la première cause de maladie professionnelle chez les coiffeurs — 553 cas recensés en France en 2018.
Six pratiques les limitent :
- mettre en œuvre les gestes professionnels protecteurs : dos droit, bras près du corps, travail au plus près du client, coude en dessous des épaules ;
- régler le mobilier à votre taille : fauteuil client, tabouret de coupe, bac à shampoing ;
- positionner le matériel à portée de main et l’entretenir régulièrement ;
- alterner position assise et position debout, et favoriser les déplacements ;
- alterner les tâches : coupe, brushing, shampoing ;
- éviter les talons de plus de 5 cm comme les chaussures plates.
Ce dernier conseil surprend souvent : le problème n’est pas seulement le talon haut, c’est aussi l’absence totale de talon, qui prive le pied d’amorti sur une journée debout.
Prévenir le risque chimique
Les produits cosmétiques sont composés de nombreux agents chimiques, qui peuvent provoquer des atteintes à la santé : irritations, allergies, voire cancers, dysfonctionnements génétiques et troubles de la reproduction.
- Privilégiez les produits non volatils et non dispersables : granulés, gels, pâtes, crèmes. Limitez l’emploi de sprays aérosols.
- Utilisez les dispositifs de captage à la source présents — dosseret aspirant, bras de captage — et, à défaut, aérez régulièrement les locaux.
- Portez des gants en nitrile jetables, adaptés à la taille de vos mains, ainsi qu’un tablier.
- Utilisez des mélangeurs d’eau à température préréglée, et de l’eau tiède.
- Refermez les contenants après utilisation, maintenez les poubelles fermées et nettoyez le matériel au fur et à mesure.
Les règles d’hygiène complètent ces mesures : ne portez pas de bijoux aux mains et aux poignets ; utilisez pour le lavage des mains un savon neutre type surgras — jamais du shampoing ; tamponnez vos mains avec une serviette sèche sans frotter ; préférez des outils à manche en plastique, en évitant ceux contenant du nickel et du chrome ; lavez systématiquement les instruments contaminés.
Chutes, équipements, bruit
Les chutes se préviennent en nettoyant systématiquement les sols, en ne déplaçant pas le matériel à roulettes sur les cheveux, en débarrassant les zones encombrées et en portant des chaussures adaptées antidérapantes.
Les équipements de travail appellent quelques réflexes : vérifier le bon état et le bon fonctionnement du matériel et des outils, utiliser des rasoirs sécurisés à lames protégées ou la tondeuse, stocker les outils piquants et coupants dans des emplacements spécifiques — étuis, sacoches — et les lames usagées dans des boîtes fermées dédiées.
Le bruit, enfin, se réduit simplement : baissez le niveau sonore de la musique d’ambiance.
Coiffure et grossesse : un point d’attention
La coiffure est une population majoritairement féminine et en âge d’avoir des enfants — 35 % des professionnels ont moins de 25 ans.
Or certains produits peuvent être toxiques pour la reproduction, altérer la fertilité ou le développement de l’enfant à naître : avortement spontané, malformation. Les contraintes physiques et organisationnelles peuvent également avoir des conséquences sur le bon déroulement d’une grossesse.
La recommandation est donc claire : déclarez au plus tôt votre grossesse — voire votre projet de grossesse — à votre employeur ou à votre médecin du travail, qui est tenu au secret médical. Des solutions peuvent alors être envisagées pour aménager votre poste : limiter le travail debout, adapter les horaires, porter une contention veineuse, limiter le port de charges, et respecter strictement les bonnes pratiques de prévention du risque chimique.
Côté employeur : concevoir le salon
Intégrer la prévention en amont des projets est toujours plus efficace et plus économique, et impliquer les salariés est un atout majeur pour la réussite du projet.
Quelques repères d’aménagement : un sol de plain-pied, lisse, antidérapant, facilement nettoyable, dans un ton pastel et mat ; une ventilation générale mécanique de 45 m³/heure par occupant, contrôlée annuellement ; des sièges de coupe réglables en hauteur avec pédale accessible, pivotants et légers, espacés d’au moins 1,60 m ; un tabouret à roulettes pour le coiffeur, réglable entre 50 et 80 cm et pourvu d’un dossier ; des étagères de stockage situées entre 0,40 m et 1,40 m, c’est-à-dire entre les genoux et les épaules.
À retenir
- Les TMS sont la première cause de maladie professionnelle chez les coiffeurs : 553 cas en France en 2018.
- Évitez les talons de plus de 5 cm comme les chaussures plates, et alternez assis, debout et tâches.
- Lavez-vous les mains au savon surgras, jamais au shampoing, et tamponnez sans frotter.
- Déclarez au plus tôt une grossesse ou un projet de grossesse au médecin du travail, tenu au secret médical.
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