Prévention des risques professionnels

Faire face à un événement grave dans le cadre du travail

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MIST Normandie · équipe pluridisciplinaire

7 septembre 2026 · 4 min de lecture
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Visite médicale en santé au travail

Un décès, un braquage, un accident grave ou mortel, une agression avec menace : ces situations menacent brutalement l’intégrité psychique de celles et ceux qui y sont confrontés. Savoir comment réagir, avant qu’elles ne surviennent, fait une réelle différence.

De quoi parle-t-on ?

Ce sont des situations dites « potentiellement traumatisantes ». Elles placent la personne face à la réalité de la mort, et leurs effets ne se lisent pas immédiatement.

Un principe doit guider toute la démarche : les réactions sont différentes et différées selon les personnes. On ne peut pas savoir à l’avance comment quelqu’un réagira.

Le processus d’évolution suit généralement trois temps :

  • de l’événement à 2 jours — réactions immédiates : état de choc, panique, comportement automatique ;
  • de 2 jours à 1 mois — réactions post-immédiates : agitation, crises de larmes, tremblements, tachycardie ;
  • au-delà d’un mois — réactions à long terme : amnésie, hypervigilance, anxiété, dépression, addictions.

C’est ce décalage qui rend le sujet difficile à gérer. Une personne apparemment stable le jour même peut développer des troubles plusieurs semaines plus tard, quand l’entreprise a déjà tourné la page.

Le jour J : protéger, alerter, secourir, informer

La première séquence est celle du PASI : Protéger, Alerter, Secourir, Informer.

Vient ensuite une étape souvent oubliée : la prise en charge immédiate par une personne non exposée à l’événement, permettant une verbalisation émotionnelle du vécu et du ressenti, sans jugement. Cette personne peut faire partie de l’entreprise — l’essentiel est qu’elle n’ait pas elle-même vécu la scène.

Il faut ensuite informer les proches, la DREETS et le service de prévention et de santé au travail.

Puis accompagner :

  • organiser la déposition à la police, si la situation le justifie ;
  • organiser le retour au domicile : taxi, famille — personne ne doit rentrer seul et par ses propres moyens après un tel événement ;
  • établir une déclaration d’accident du travail pour la victime et pour les témoins directs — celles et ceux qui ont vu ou entendu — même en l’absence d’arrêt de travail.

Ce dernier point est déterminant. La déclaration pour les témoins conditionne la prise en charge d’éventuels troubles apparaissant des semaines plus tard. Ne pas la faire, parce que « personne n’est blessé », prive ces personnes de leurs droits.

Enfin, la reprise d’activité se prépare : informer le collectif de travail, s’assurer de la capacité des salariés à reprendre, et suspendre l’activité si nécessaire.

De J+1 à J+30 : rester vigilant

Entre le lendemain et le dixième jour :

  • alerter le SPSTI s’il ne l’a pas été le jour J, pour une évaluation de la situation, des conseils et la définition des modalités d’intervention du médecin du travail ou d’un psychologue du travail ;
  • rester vigilant sur les signes de changement chez le personnel exposé ;
  • prendre conseil auprès du médecin du travail si des signes sont repérés ;
  • prendre des nouvelles des victimes et leur conseiller une visite médicale auprès du médecin du travail avant la reprise.

Entre le dixième et le trentième jour, l’entreprise organise un CSSCT extraordinaire : rechercher les facteurs de risque, construire un arbre des causes et établir un plan d’action.

Au-delà d’un mois, le suivi médical et psychologique se poursuit. La vigilance sur les changements de comportement, individuels ou collectifs, reste de mise.

Ce qu’il faut avoir préparé avant

Trois moyens de prévention se mettent en place à froid, quand rien ne s’est encore produit :

  • afficher les numéros d’urgence ;
  • former des sauveteurs secouristes du travail et afficher la liste, en la mettant à jour régulièrement ;
  • établir un protocole-guide à plusieurs, en y associant le médecin du travail — et s’y référer le moment venu.

C’est ce troisième point qui change tout. Dans les heures qui suivent un événement grave, personne n’est en état de concevoir une organisation. Un protocole écrit à l’avance, connu de plusieurs personnes, permet d’agir sans avoir à décider.

Plusieurs interlocuteurs peuvent vous accompagner : votre médecin du travail MIST Normandie, la CARSAT Normandie au 3679, et la DREETS Normandie.

À retenir

  • Les réactions sont différées : elles peuvent apparaître jusqu’à plus d’un mois après l’événement.
  • Une déclaration d’accident du travail doit être établie pour la victime et pour les témoins directs, même sans arrêt de travail.
  • La verbalisation immédiate se fait avec une personne non exposée à l’événement, sans jugement.
  • Préparez à froid : numéros d’urgence affichés, sauveteurs secouristes formés, protocole-guide écrit avec le médecin du travail.

Vous souhaitez construire un protocole adapté à votre activité ? Associez votre médecin du travail à la démarche : découvrez la page Qualité de vie au travail.

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