L’activité de mécanique automobile expose à de nombreuses substances chimiques dangereuses, et certaines d’entre elles sont cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Les identifier est la première étape pour les substituer ou réduire l’exposition.
Lire l’étiquetage : votre première source d’information
L’étiquette d’un produit renseigne sur sept éléments : le pictogramme, la mention d’avertissement, l’identification du produit, l’identité de certaines substances, les mentions de danger, les conseils de prudence et les coordonnées du fournisseur.
Les Fiches de Données de Sécurité complètent ces informations et détaillent la composition en substances dangereuses. C’est là que se vérifie la présence de substances CMR — un réflexe à prendre avant tout achat, pas après.
Les expositions, activité par activité
Essais et réglages moteurs. Les fumées et gaz d’échappement exposent à des effets CMR — monoxyde de carbone, particules diesel — et provoquent asthme, irritation respiratoire et troubles neurologiques (maux de tête, vertiges). *Prévention* : réaliser les essais à l’extérieur, ne pas laisser tourner le moteur inutilement et préchauffer les véhicules dehors, aspirer et extraire les gaz d’échappement vers l’extérieur, ventiler mécaniquement l’atelier.
Interventions sur moteur — remplacement de pièces, vidanges, remplissage en fluides. Effets CMR liés aux carburants, huiles et graisses usagées ; affections cutanées (irritations, eczéma, boutons d’huile) dues aux huiles moteur et de transmission, au liquide de refroidissement et au lave-glace ; affections respiratoires liées aux carburants. *Prévention* : pompes volumétriques pour le remplissage des fluides, vidanges par aspiration, ventilation mécanique, gants adaptés aux produits utilisés, lunettes de protection.
Nettoyage des pièces (solvants). Effets CMR — toluène, dichlorométhane présents dans les diluants — et affections respiratoires ou cutanées. *Prévention* : privilégier les fontaines lessivielles ou biologiques, ventiler mécaniquement, utiliser un absorbant en cas de déversement, porter des gants adaptés.
Remplacement et nettoyage des freins. Effets CMR liés à l’amiante et aux fibres céramiques réfractaires sur les anciens véhicules, ainsi qu’à l’hexane présent dans certains nettoyants ; affections respiratoires ; affections cutanées provoquées par le liquide de frein. *Prévention* : garnitures sans fibres céramiques réfractaires, proscrire la soufflette, utiliser un aspirateur à filtre absolu, ventiler mécaniquement, nettoyer à l’humide, limiter les bombes nettoyant freins, choisir dans tous les cas un nettoyant sans hexane, et porter un masque respiratoire P3 — rangé dans son emballage hermétique après utilisation.
L’hygiène individuelle
C’est le volet le plus simple à mettre en place, et souvent le plus négligé.
- Ne jamais se laver les mains avec les solvants de nettoyage : acétone, essence, white spirit.
- Privilégier les savons doux, se laver les mains avant chaque pause et se sécher correctement.
- Ne pas boire, manger ou fumer dans l’atelier.
- Privilégier le port de vêtements de travail à manches longues, et en changer dès qu’ils sont souillés.
- Ne pas garder les chiffons souillés dans les poches — un contact prolongé contre la peau, plusieurs heures par jour.
- Prévoir des armoires individuelles à double compartiment, séparant vêtements de ville et vêtements de travail.
Se laver les mains au solvant reste un geste courant en atelier : il dégraisse efficacement, et c’est précisément le problème. Il détruit la barrière cutanée et facilite le passage des substances dans l’organisme.
La gestion des déchets
Chiffons souillés, bombes aérosols, peintures, mastics, dégraissants et diluants usagés exposent à des affections respiratoires et cutanées, y compris longtemps après leur utilisation.
Quatre mesures suffisent :
- disposer les différents déchets dans des caisses ou poubelles fermées ;
- refermer les bidons après utilisation ;
- prévoir des conteneurs adaptés par type de déchet ;
- assurer le transvasement pneumatique des huiles usagées vers le conteneur de collecte.
Un atelier où les bidons restent ouverts et les chiffons à l’air libre continue d’émettre des vapeurs bien après la fin de l’intervention — y compris la nuit, dans un local fermé et non ventilé.
À retenir
- L’étiquette et la fiche de données de sécurité permettent d’identifier les substances CMR avant de les acheter.
- Ne vous lavez jamais les mains au solvant : il détruit la barrière cutanée.
- Soufflette proscrite pour les freins : aspirateur à filtre absolu, nettoyage à l’humide, nettoyant sans hexane, masque P3.
- Bidons refermés, déchets en contenants fermés et adaptés : les vapeurs continuent sinon d’être émises après l’intervention.
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