Prévention des risques professionnels

TMS : 87 % des maladies professionnelles reconnues

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MIST Normandie · équipe pluridisciplinaire

7 septembre 2026 · 4 min de lecture
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Un opérateur penché sur un grand plan de travail, observé par une préventrice

En 2020, 35 083 troubles musculosquelettiques ont été reconnus en France, soit 87 % des maladies professionnelles de l’année. Aucun autre risque professionnel ne pèse aussi lourd — et pourtant les TMS s’installent progressivement, à travers des signaux longtemps jugés bénins.

Que sont les TMS ?

Les TMS sont des pathologies qui affectent les tissus mous — muscles, tendons, nerfs situés à la périphérie des articulations des membres et de la colonne vertébrale.

Ils se caractérisent par des douleurs, de la raideur, la perte de précision des mouvements ou la perte de force. Quelle que soit leur localisation — épaule, coude, poignet, genou — les TMS peuvent devenir irréversibles et entraîner un handicap durable.

Environ 15 maladies professionnelles sont actuellement reconnues comme TMS : syndrome du canal carpien, épicondylite, hernie discale, tendinite de l’épaule, entre autres. Par localisation : tendinite de la coiffe des rotateurs à l’épaule, épicondylite au coude, lombalgies au rachis lombaire, syndrome du canal carpien au poignet, à la main et aux doigts, hygroma des bourses séreuses au genou, tendinite achilléenne à la cheville.

Cinq familles de facteurs de risque

Réduire les TMS à une question de gestes serait une erreur : cinq familles de facteurs se combinent.

  • Facteurs biomécaniques : gestes répétitifs, efforts, amplitudes articulaires excessives, travail en position statique prolongée, gestes et postures contraints et inadéquats.
  • Facteurs organisationnels : méthodes de travail, répartition des tâches, mono-activité, cadences, aides humaines, temps de pause.
  • Facteurs psychosociaux : manque d’autonomie, contraintes temporelles, stress chronique, relations sociales au travail.
  • Facteurs environnementaux : température, nuisances sonores, éclairage, vibrations.
  • Facteurs individuels : historique médical, condition physique, psychique et sociale, âge, ancienneté.

Cette combinaison explique pourquoi deux salariés au même poste ne développent pas les mêmes troubles, et pourquoi une action purement technique — changer un outil — donne rarement les résultats attendus si l’organisation, les cadences et les marges d’autonomie restent inchangées.

Trois stades qu’il faut savoir reconnaître

L’évolution suit une progression identifiable.

Stade initial : des douleurs ou des gênes fonctionnelles — perte de mobilité ou de force — apparaissent en période d’activité. Elles sont passagères et ne réduisent pas la capacité de travail.

Stade intermédiaire : les douleurs et gênes débutent même pour de petites sollicitations et persistent plus longtemps après l’arrêt de celles-ci. Elles réduisent la capacité de travail.

Stade de pathologie avérée : les symptômes deviennent plus spécifiques selon la nature de l’affection — signes d’inflammation, perte de mobilité articulaire ou de force, fonte musculaire. Ils s’accompagnent d’une incapacité à accomplir son travail.

Le passage du premier au deuxième stade est le moment décisif. Tant que la douleur disparaît au repos, elle est facile à ignorer ; quand elle persiste après l’arrêt de l’activité, une partie du chemin vers l’irréversible a déjà été parcourue. C’est au stade initial qu’il faut en parler, pas au stade intermédiaire.

Conduite à tenir

Deux interlocuteurs, à solliciter sans attendre.

Votre employeur, au sujet de :

  • l’aménagement du poste ;
  • l’amélioration de l’organisation et des équipements ;
  • la formation, notamment la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique).

Les membres de l’équipe pluridisciplinaire de santé au travail — médecin du travail, infirmier, préventeur, assistant en santé au travail, ergonome. Ils vous conseilleront et peuvent proposer à l’entreprise :

La formation PRAP mérite un mot particulier. Elle ne se limite pas à l’apprentissage de « bons gestes » : elle rend les salariés capables d’analyser leur propre situation de travail et de proposer des améliorations — ce qui, compte tenu du poids des facteurs organisationnels, est bien plus efficace qu’une consigne posturale.

À retenir

  • 35 083 TMS reconnus en France en 2020, soit 87 % des maladies professionnelles.
  • Cinq familles de facteurs se combinent : biomécaniques, organisationnels, psychosociaux, environnementaux et individuels.
  • Le signal d’alerte est le passage d’une douleur qui disparaît au repos à une douleur qui persiste après l’activité.
  • Les TMS peuvent devenir irréversibles : parlez-en dès le stade initial, à votre employeur et à votre équipe santé-travail.

Des douleurs apparaissent dans votre équipe ? Une étude de poste permet d’identifier ce qui les provoque : découvrez la page Risques professionnels.

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