Conduire un véhicule dans le cadre de son activité professionnelle, de manière répétée ou non, et quelles que soient la durée du trajet ou la distance parcourue, représente un risque professionnel. À ce titre, il doit figurer dans le document unique.
Évaluer, éviter, réduire
La démarche suit trois temps.
Évaluer d’abord : les risques routiers encourus par les salariés font partie intégrante des risques professionnels et doivent être pris en compte dans le DUERP, conformément au décret du 5 novembre 2001. Trois facteurs interagissent en permanence : le véhicule, l’organisation et l’environnement, et le conducteur.
Éviter ensuite, en se posant une question simple : *tous mes déplacements routiers sont-ils nécessaires ?* La visioconférence et l’audioconférence suppriment le risque, plutôt que de le réduire — c’est toujours la mesure la plus efficace.
Réduire l’exposition enfin, en choisissant le moyen de déplacement le plus sûr et permettant de limiter le temps de conduite : privilégier les transports en commun et le covoiturage, utiliser des véhicules adaptés aux déplacements, et recourir aux découchers plutôt que d’enchaîner un long retour en fin de journée.
Organiser les déplacements
Préparer un déplacement, c’est en supprimer une bonne part de l’imprévu :
- choisir un itinéraire : connaître les zones de travaux, privilégier les autoroutes, consulter les cartes au préalable ;
- optimiser son circuit d’intervention ;
- apprécier les distances et le temps nécessaire au trajet comme aux interventions une fois chez les clients ;
- prendre en compte les informations climatiques : neige, verglas.
Le troisième point est celui qui pèse le plus. Un planning qui sous-estime la durée des interventions transfère le retard sur la route — et c’est là qu’il se paie.
Un protocole de communication doit également être instauré :
- pas d’utilisation du téléphone au volant : mettre sur messagerie, et prendre les communications à l’arrêt ;
- l’entreprise n’appelle pas les salariés pendant les trajets.
Cette seconde règle est décisive : tant que l’entreprise appelle, le salarié décroche. La responsabilité de la règle est donc du côté de l’organisation, pas seulement du conducteur.
Le véhicule
Faites aménager les véhicules par un organisme spécialisé : cloisons, dispositifs de rangement, système d’arrimage des charges.
Vérifiez la présence des équipements de sécurité : ABS, ESP, airbags conducteur et passagers, régulateur ou limiteur de vitesse, dispositif de surveillance des pneus, indicateur de charge. Ainsi que des accessoires : triangle, gilet haute visibilité, extincteurs, trousse de secours.
Deux dispositifs complètent l’ensemble : la vérification périodique des véhicules avec suivi de l’entretien, et une procédure de signalement des dysfonctionnements — fiche d’observation des points à contrôler, fiche de demande d’intervention.
Le conducteur
Former et informer : formation aux modalités d’utilisation du véhicule, formation au chargement et à l’arrimage des charges, stage de conduite en conditions extrêmes. Un accompagnement par votre service de prévention et de santé au travail est possible.
Rappelez que la distance d’arrêt dépend de la vitesse et du temps de réaction du conducteur — et que ce temps de réaction s’allonge sous l’effet de plusieurs facteurs :
- la fatigue et la somnolence, dont les signes précoces sont les bâillements, la chute des paupières et la raideur de la nuque ;
- la prise de médicaments ;
- la consommation d’alcool ;
- la consommation de drogues et de substances psychoactives illicites.
Les signes précoces de somnolence méritent d’être connus de tous : ils apparaissent bien avant l’endormissement, et constituent la fenêtre pendant laquelle s’arrêter est encore un choix.
Les obligations de l’employeur
Trois points sont à retenir.
L’employeur doit impérativement informer le médecin du travail des salariés affectés à la conduite de véhicules routiers.
Il doit s’assurer que son personnel est détenteur des permis appropriés et des formations obligatoires nécessaires — un point à spécifier dans le règlement intérieur. L’incapacité de conduire peut être liée à l’invalidation du permis, ou à des motifs d’ordre médical.
Enfin, le salarié doit avertir son employeur de la perte de son permis.
À retenir
- La conduite professionnelle est un risque à inscrire au DUERP, quelle que soit la distance parcourue.
- La question la plus efficace reste : ce déplacement est-il nécessaire ?
- L’entreprise n’appelle pas ses salariés pendant les trajets — la règle engage l’organisation, pas seulement le conducteur.
- L’employeur doit informer le médecin du travail des salariés affectés à la conduite.
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