Prévention des risques professionnels

Urgences en entreprise : ce qu’il faut afficher et où

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MIST Normandie · équipe pluridisciplinaire

7 septembre 2026 · 5 min de lecture
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Deux professionnelles de santé au travail dans un local technique d’entreprise

En situation d’urgence, personne ne lit un classeur. Ce qui sauve du temps — et parfois davantage — c’est une information affichée, à jour, visible depuis le poste de travail.

Les consignes d’urgence : garder son calme, réfléchir, agir

C’est l’affichage de base, celui qui doit se trouver dans chaque local. Il tient en trois mots d’ordre et une liste de numéros.

  • SAMU : 15
  • Police : 17
  • Pompiers : 18
  • Numéro de secours européen : 112
  • Numéro sourds et malentendants : 114 (secours par SMS ou fax)
  • Centre anti-poison (Angers) : 02 41 48 21 21

Savoir quel numéro composer ne suffit pas : encore faut-il savoir quoi dire. L’appel doit préciser qui appelle, ce qui s’est passé, le lieu exact (rue, numéro, accès, étage), le nombre de personnes concernées et la nature des blessures éventuelles, ainsi que les dangers particuliers présents — matières dangereuses notamment.

Une règle prime sur toutes les autres : ne jamais raccrocher le premier.

Trois scénarios à afficher

L’affichage gagne à distinguer les situations, parce que les réflexes ne sont pas les mêmes.

En cas d’accident : alerter le sauveteur secouriste du travail et le SAMU, accueillir les secours, informer l’infirmerie et la hiérarchie. Deux emplacements doivent être renseignés en clair sur l’affiche : celui de la trousse de secours et celui du défibrillateur.

En cas d’incendie : alerter les pompiers, évacuer les lieux, fermer les portes après son passage.

En cas d’évacuation : faire évacuer le personnel, quitter les lieux par les escaliers — jamais par les ascenseurs —, se rendre au point de rassemblement et vérifier la présence de tout le personnel, ne jamais revenir en arrière. Là encore, le lieu de rassemblement doit figurer sur l’affiche.

Ces champs à compléter sont le point faible de la plupart des affichages : l’affiche est bien là, mais l’emplacement du défibrillateur n’a jamais été renseigné, ou ne correspond plus à la réalité depuis un réaménagement.

Les brûlures : une consigne qui prime sur toutes

Pour les brûlures, un geste vient avant tout examen de la situation : arroser immédiatement à l’eau courante, tempérée, à faible pression, jusqu’à l’arrêt de la douleur.

Pour une brûlure thermique, la conduite dépend de la gravité. Cas simple — surface inférieure à la moitié de la paume de la main de la victime : recouvrir avec un pansement gras stérile et, en cas de doute, demander un avis médical. Cas grave — surface supérieure à la moitié de la paume, peau noire, blanche, calcinée ou sèche, ou localisation sur le visage, le cou, le tronc ou les articulations : arroser jusqu’à obtention d’un avis médical, mettre la personne au repos en position allongée ou demi-assise en cas de gêne respiratoire, et donner l’alerte.

Pour une brûlure chimique : en cas de projection oculaire, rincer abondamment le plus tôt possible jusqu’à avis médical et protéger l’œil non touché ; en cas de contact avec la peau, arroser abondamment si possible sous la douche et enlever vêtements et chaussures pendant l’arrosage ; en cas d’ingestion, rincer la bouche et ne pas faire vomir. Dans tous les cas, donner l’alerte en se munissant de la fiche de données de sécurité ou de l’étiquette de danger du produit.

Pour une brûlure électrique : couper le courant, arroser la zone brûlée visible, donner l’alerte.

Dans toutes ces situations, alertez un sauveteur secouriste du travail et pensez à faire une déclaration d’accident du travail dans un délai de 48 heures.

La trousse de secours

Son contenu est adapté aux soins d’urgence courants et se complète avec le service de santé au travail, en fonction de vos risques professionnels. Trois principes l’encadrent :

  • une trousse de secours doit être disponible dans l’entreprise ;
  • son contenu doit être vérifié après chaque utilisation et renouvelé périodiquement ;
  • tout soin donné doit être noté sur un cahier, avec le nom du blessé, la date et l’heure du soin, le siège et la nature des lésions, et le nom du secouriste.

Une règle ne souffre aucune exception : la trousse de secours ne doit pas contenir de médicament. Tout produit supplémentaire doit recueillir un avis médical.

Enfin, deux informations doivent figurer sur vos affichages obligatoires : les coordonnées de la DDETS (Direction Départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités) et le nom de votre médecin du travail.

À retenir

  • Affichez les numéros d’urgence et la règle « ne jamais raccrocher le premier », ainsi que la trame de l’appel.
  • Renseignez réellement les champs libres : emplacement de la trousse de secours, du défibrillateur et lieu de rassemblement.
  • Brûlure : arroser immédiatement à l’eau courante tempérée, à faible pression, jusqu’à l’arrêt de la douleur.
  • La trousse de secours ne contient aucun médicament ; chaque soin est consigné sur un cahier.

Vous souhaitez mettre à jour vos affichages ou compléter votre trousse de secours ? Retrouvez nos supports sur la page Documents & supports de prévention.

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