L’étude de poste est l’un des outils les plus concrets de votre service de prévention : elle part de l’observation du travailleur à son poste, pas d’une fiche de fonction. C’est cette proximité avec le terrain qui en fait sa valeur.
Trois objectifs distincts
Une étude de poste peut répondre à trois finalités, qui ne se confondent pas :
- conseiller l’employeur pour l’aménagement du poste, afin de prévenir les risques professionnels et de tenir compte de la présence éventuelle d’un problème de santé ou d’un handicap ;
- conseiller le salarié sur les mesures de prévention à respecter à son poste pour préserver sa santé ;
- actualiser la connaissance du poste avant tout avis d’inaptitude émis par le médecin du travail.
Qui est concerné ?
L’étude de poste peut concerner tout travailleur, dans toute entreprise. Elle intervient dans trois contextes :
- dans le cadre d’une démarche d’aide à l’évaluation des risques et de conseil de prévention ;
- lorsqu’un problème de santé ou un handicap motive un aménagement des conditions de travail, pour favoriser le maintien dans l’emploi ;
- lorsque le médecin du travail envisage d’émettre un avis d’inaptitude — dans ce cas, elle est requise.
Il n’est donc pas nécessaire d’attendre une difficulté individuelle pour la solliciter. Une étude menée en prévention, sans qu’aucun problème de santé ne soit constaté, contribue directement à la rédaction du Document Unique et à la détermination du plan d’actions de prévention.
Comment se déroule une étude de poste
L’étude est basée sur l’observation du travailleur à son poste. Elle analyse les conditions de travail et les contraintes rencontrées :
- l’ambiance de travail ;
- les contraintes physiques ;
- la cadence de travail ;
- le mode opératoire employé ;
- les produits utilisés ;
- toute source de danger en général.
L’objectif est d’analyser la compatibilité d’un poste avec sa tenue par un travailleur donné. Lorsque le travailleur a une maladie ou est reconnu travailleur handicapé, l’analyse prend en compte les capacités existantes : temps de réaction, capacités visuelles, physiques, toucher, mobilité.
Dans l’hypothèse d’un avis d’inaptitude, les observations actualisées au poste viennent conforter et étayer la décision du médecin du travail. Elles permettent de confirmer l’inaptitude au poste — ou, tout aussi souvent, de mettre en évidence des aménagements encore possibles. C’est un point à souligner : une étude de poste demandée dans ce contexte n’est pas une étape administrative vers l’inaptitude, c’est une dernière chance de la rendre évitable.
Des recommandations d’aménagement
En fonction des résultats, un membre de l’équipe pluridisciplinaire du SPSTI conseille l’employeur en termes d’aménagement de l’espace, d’organisation du poste ou de matériels mis à disposition.
Ces aménagements peuvent prendre des formes multiples : installation de nouveaux équipements, limitation des efforts de manutention, amélioration de l’ergonomie du poste, modification d’un procédé.
Lorsqu’ils sont individualisés, ils peuvent être consignés, après échange avec le salarié et l’employeur, dans un document annexé à un avis d’aptitude, à une attestation de suivi, ou à la fiche d’entreprise réalisée par le SPSTI pour aider l’employeur dans son évaluation des risques.
Le financement des aménagements
Les éventuels coûts engendrés par l’aménagement du poste peuvent faire l’objet d’aides :
- de la part de l’Assurance Maladie, via la Carsat ;
- de l’AGEFIPH, dans le cas d’un travailleur reconnu travailleur handicapé.
Le SPSTI est à même de guider l’employeur dans ces recherches de financements. C’est souvent l’aspect le moins connu de la démarche, et celui qui lève le plus d’obstacles concrets.
Enfin, la connaissance fine du poste permet aux professionnels du SPSTI de donner des conseils de prévention ciblés et adaptés au travailleur concerné. Les visites périodiques ou occasionnelles du suivi de son état de santé en sont notamment l’occasion.
À retenir
- L’étude de poste repose sur l’observation du travailleur à son poste, pas sur une description théorique de la fonction.
- Elle est requise si le médecin du travail envisage un avis d’inaptitude, et peut faire apparaître des aménagements encore possibles.
- Elle peut aussi être menée en prévention et alimenter directement le DUERP et le plan d’actions.
- Les aménagements peuvent être financés par la Carsat ou l’AGEFIPH : votre SPSTI vous guide dans ces démarches.
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